EnglishFrench

Vas, Vis & Deviens...

Plage de Monrovia à Sinkor
Sadjo

Le retour du Libéria: plus de peur que de mal

Le voyage n’a pas été facile à l’aller et je craignais pour le retour surtout que j’étais seule cette fois-ci contre cinq à l’aller. L’idée d’affronter seule les multiples rackets en cours de route m’effrayait surtout que mon argent avait maigri😄.

Le jour du départ, je me rends à 7h du matin dans le quartier Red Light (wèllè on entendra dire🤫) pour emprunter une véhicule jusqu’à Loguato (la frontière ivoiro-libérienne). Cependant, aucun chauffeur ne veut aller jusque-là, la route est peu fréquentée.

Pour ne pas perdre de temps, je décide de décomposer le voyage en plusieurs étapes. Monrovia–Ganta et ensuite Ganta- Loguato

Et devinez qui je croise ? 

Première surprise : Le même chauffeur qui nous avait emmenés de Ganta à Monrovia des semaines plus tôt. Sa voiture était spacieuse même si on était 4 à l’arrière. C’était beaucoup mieux que tous les autres véhicules présents. Je lui rappelle notre première rencontre, il me prend alors sous sa protection. Je règle les 600 LD (3000 F CFA). À 9 h donc, je dis au revoir à mon amie Bereté🤗et son chauffeur personnel de Moto Taxi, le serviable Jims. Comment Bereté m’a sauvée du Béri-béri.

Je ne voulais pas avoir à supporter la faim sur la route comme à l’aller . J’ai donc préparé ma bouffe (alloco =banane frit), des morceaux de poulet grillés, 1 bouteille d’eau, des cure-dents…😂). J’étais paré à toute éventualité. Ma voisine de siège et moi, nous nous sommes fait plaisir, tandis qu’une a décliné l’invitation et l’autre dormait.

Arrivés à un barrage, j’ai remarqué que le contrôle se faisait en demandant les noms des passagers. Si le nom résonnait libérien, tu continues ta route sinon tu es invité dans un bureau. Soit pour démontrer que tu es Libérien et dire ta région de provenance ou pour passer à la caisse le cas échéant. En fait, je venais de comprendre que les Libériens n’ont pas de carte d’identité. C’est à l’occasion de l’élection présidentielle qui se tenait en Octobre 2017 soit quelques mois plus tard que les citoyens obtiendraient ce document.

À 13 h, j’étais arrivé à Ganta. Des jeunes gens se ruaient sur nous pour nous proposer la course à moto ou en voiture jusqu’à la frontière. Un coup d’œil sur les voitures qui chargeaient pour conclure que la voiture, ce n’était pas une bonne idée. Non seulement la promiscuité avec d’autres passagers et le temps d’attente pour que la voiture soit pleine🧐.

J’avais choisi de continuer la route en moto avec tous les risques que cela comportait. L’avantage ici est que je n’avais pas à attendre un autre passager. Mes affaires paquées derrière, j’occupais le peu d’espace qui restait entre le conducteur et mes bagages. Ça m’a coûté 1200 LD pour la course (6000 F CFA).

La route n’était pas bonne en venant et il n’y a pas eu de miracle bien évidemment en 6 semaines.

Le voyage à  Monrovia

Toutefois, celui qui me conduisait à moto était prévenant. Il me demandait par moments si tout allait bien parce qu’à certains endroits, j’avais l’impression qu’on était sur un cheval en train de galoper. Malgré l’état désastreux de la route, je me permettais quelques fois de somnoler😩. Heureusement que la pluie ne s’est pas invitée au voyage.

Peu de temps plus tard, je sentais de petites pierres se projeter sur mon visage. Le chauffeur avait un casque et moi non. Rapidement, j’activais le plan B, mon voile m’a servi d’anti-choc😎. La preuve que le voile est une protection🧕.

Voile protecteur à moto de Ganta à Loguato
Voile protecteur à moto de Ganta à Loguato

Contre toute attente, j’ai eu droit à 2 check-points tout le long du trajet.  Et 2e agréable surprise; j’ai traversé haut la main le poste-frontière sans débourser 1 franc. Mon passeport a été cacheté sans contrepartie financière. INCROYABLE😳. Souvenez-vous qu’en venant au Libéria, on avait eu droit à 5 escales où on avait été racketter 5 fois. Les agents Libériens restaient sensibles à ma mission de bénévolat dans leur pays.  Ils s’étaient laissé attendrir par le fait que j’avais donné gratuitement des cours de français et d’informatique à des enfants à Monrovia. En tout, je n’avais pas déboursé plus de 100LD (500 F CFA) sur la route. Qui l’aurait cru ?? 

En fin de compte, j’ai mis 2 heures de temps pour me retrouver à Loguato ajouté aux 4 heures plus tôt entre Monrovia et Ganta. Au total 6 heures contrairement aux 10 heures de temps qu’on a mis à l’aller pour le même trajet.

À quelques pas de la Côte d’Ivoire, je pensais au taxi moto que je devrais emprunter pour aller à Danané. En effet, il était peu probable de croiser un véhicule avec une place de libre à cet endroit.

La 3e bonne surprise : Voilà qu’un jeune homme m’ accostait pour me proposer de m’y emmener en voiture. Un véhicule de type 4 X 4 attendait de l’autre côté de la frontière des clients. Quel bonheur !!!🤗🤗🤗

Mais avant de laisser le Liberia derrière moi, il fallait bien profiter de mes “3 days”. C’est une offre des opérateurs mobile où l’on souscrit à 1 $ US pour bénéficier d’appels gratuits et illimités tous les numéros de l’opérateur sans exception durant les 72 heures.

Comme je captais difficilement le réseau. Les Libériens sur place m’ont conseillé de traverser la frontière parce que leur signal est mieux reçu du côté ivoirien🤫. 

5 minutes de marche et me voilà à Gbinta en République de Côte d’Ivoire. Je passais rapidement les formalités douanières pendant que les autres passagers « non-ivoiriens» étaient rackettés par les douaniers Ivoiriens.

C’est à ce moment que je profitais des avantages de mon 3 DAYS pour appeler tous mes amis à Monrovia : Salia, Ayo, Olisa, Berete, Mister Constance, Elijah, Maria, Tanu pour leur dire une fois de plus Merci🙏 pour leur présence et amitié durant mon séjour. 

Thank you AIESEC LIBERIA -
Thank you AIESEC LIBERIA

La 4X4 nous attendait effectivement après le poste douanier de Gbinta. J’ai payé 4 000 F CFA pour prendre place à l’intérieur. J’étais à Danané vers 18h. Cette fois-ci, je suis allée en famille pour y passer la nuit et non à l’hôtel comme la dernière fois. Lire 👉 Escale à Danané.

Le Libéria : une culture hors du commun

Dans la soirée, je bavardais avec des jeunes lorsque l’un d’entre eux a sorti que les Libériens n’avaient pas un bon niveau scolaire et qu’ils étaient nuls à l’école. Il s’appuyait sur le cas des élèves réfugiés qu’il connaissait à Danané. J’étais d’un avis contraire ayant côtoyé des élèves et étudiants Libériens pendant 6 semaines.

Pour faire court, je lui sors les lettres que deux de mes élèves du  2nd grade m’ont écrit. Le 2nd grade est l’équivalent du CP2 en Côte d’Ivoire, mais pour être plus juste disons CE2 (4e année du primaire). En effet, les élèves passent avant par le Kindergarten I & II qui représentent en quelque sorte, la maternelle où ils font les mêmes activités que nos CP1 ET CP2.

La lettre de Lomine D. Wylie
La lettre de Lomine D. Wylie
La lettre de Fatu Monroe
La lettre de Fatu Monroe

Après avoir lu les lettres, le jeune homme est resté bouche bée. Il a reconnu que même les élèves ivoiriens du collège arriveront difficilement à faire autant non seulement au niveau de l’écriture, mais aussi du vocabulaire.

Pourquoi je suis partie au Libéria?

Un des nombreux avantages des voyages est qu’ils permettent de briser les clichés et les préjugés. On apprend à respecter les autres tout simplement parce qu’on se rend compte que dans certains domaines, ils font mieux que nous.

Teaching en grade 1 à REV KORMON KINDER CARE SCHOOL
Teaching en grade 1 à REV KORMON KINDER CARE SCHOOL
REV KORMON KINDER CARE SCHOOL MONROVIA
REV KORMON KINDER CARE SCHOOL MONROVIA

Le lendemain matin, j’ai pris le car de Danané pour Abidjan. À 17 h, je savourais le fait d’être seule dans le taxi pour la maison, retrouver les miens, prendre une vraie douche et manger autre chose que le riz🤗.

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on whatsapp
WhatsApp
Share on email
Email
Share on linkedin
LinkedIn
0 0 voter
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Plus d'articles...