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Sadjo

Libéria : le visage de l’après-guerre 1

Le Libéria traîne encore les stigmates de ses deux guerres civiles : la 1ère de 1989 à 1995 et la 2nde de 1999 à 2003. Je présentais dans l’article 👉 les similitudes entre les USA et le Liberia, mais ça, c’est dans la forme. En effet, si le premier est une grande puissance mondiale grâce à son rayonnement économique et ses infrastructures de pointe, le second fait partie des 10 pays les plus pauvres du monde. Et je vous assure que ce classement n’est pas fortuit pour y avoir séjourné quelques semaines.

L’eau courante est rare

Rentrer chez soi et tourner son robinet pour utiliser l’eau peut paraître naturel et assez banal, mais pas au Libéria. Il existe bel et bien une société nationale de distribution d’eau, mais les bénéficiaires sont si peu nombreux. Certaines personnes avec qui j’ai échangé m’ont même dit que l’eau courante n’existe pas parce qu’ils ne l’ont jamais vu couler. Je témoigne moi-même ne l’avoir ni vu, ni utilisé durant tout mon séjour de 6 semaines. Une seule personne m’a confirmé recevoir cette eau.

Les puits du Libéria

Il y a des puits creusés un peu partout à Monrovia. Heureusement que la ville est entourée d’eau. Ceux qui ont les moyens installent des pompes chez eux ou à l’extérieur pour un ensemble de maisons pour recueillir l’eau du puits plus facilement.

Une pompe commune à Mango Town-Monrovia (Liberia)
Une pompe commune à Mango Town-Monrovia (Liberia)

Il y a aussi des systèmes motorisés qui acheminent directement l’eau du puits dans les robinets via les canalisations. C’est un luxe que peuvent s’accorder que des personnes aisées, dans les hôtels haut et les logements des expatriés car le système fonctionne à l’électricité, un autre gros problème dans le pays.

Sinkor, le quartier chic de Monrovia avec des réservoirs d'eau sur les toits des habitations
Sinkor, le quartier chic de Monrovia avec des réservoirs d’eau sur les toits des bâtiments et des résidences

L’eau dans le courant de notre vie

J’habitais au centre-ville précisément à Lynch Street. J’utilisais l’eau du puits installé dans la concession pour la douche, les toilettes, la vaisselle…

Pour la cuisine, il fallait acheter l’eau potable revendue par des camions-citernes dans des bidons de 20 litres. D’autres font le choix de purifier l’eau du puits avec des produits chimiques. L’eau à boire était à acheter également au prix de 5 $ (dollar Libérien) le sachet ou 100 $ le pack de 20.

Le puits dans la maison de mon ami Tanu à Breweville (Monrovia)
Le puits dans la maison de mon ami Tanu à Breweville (Monrovia)

Une anecdote : j’ai participé au séminaire national de l’AIESEC – Liberia à Ganta, la 2e ville la plus importante après Monrovia. Nous étions logés dans un hôtel et la machine qui acheminait  l’eau dans les chambres des clients a eu une panne. Tous les clients sortaient avec leurs seaux pour aller puiser de l’eau dans le puits situé dans la cour de l’hôtel. Une eau qui contenait du sable et des débris d’herbes pour faire sa toilette et ses besoins😄.

L’électricité est un privilège

Il y a plus de quartiers à Monrovia dépourvus de poteaux électriques que ceux qui en ont. Les plus modestes ont des torches et bougies et les plus nantis possèdent des groupes électrogènes aux capacités variables. En journée, il sera rare d’entendre le bruit des moteurs dans les maisons sauf pour des besoins ponctuels (chauffer un plat au four à micro-ondes ou repasser un vêtement). En ville, par contre on finit par s’habituer aux bruits des moteurs à électricité.

Les générateurs communautaires

Parfois, un particulier peut partager le courant de son générateur à son voisinage ou son quartier (Community generator) moyennant un montant journalier ou mensuel.

Un générateur de quartier électrique à Monrovia /Credit photo : FrontPageAfrica
Un générateur de quartier électrique à Monrovia /Credit photo : FrontPageAfrica

Electricité à domicile

Les machines dans les domiciles sont mises en marche généralement à partir de 18-19h pour avoir la lumière et permettre aux climatiseurs de rafraîchir l’atmosphère pour ceux qui en ont. Le groupe électrogène peut ainsi tourner jusqu’au petit matin entre 6 h et 7 h ou faire des économies de carburant en l’arrêtant dans la nuit vers 1 h du matin pour la remettre en marche quelques heures plus tard.

Une situation qui fait que la radio est plus écoutée pour se tenir informé des nouvelles du pays que la télévision.

Vivre au centre-ville (Lynch Street) a été l’un des avantages de mon séjour à Monrovia. La zone est l’une des rare à être fournie presque en permanence par la compagnie nationale d’électricité  LEC (Liberia Electricity Corporation). J’étais tranquille avec mon ventilateur😎.

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